Le théâtre est un moyen d'expression qui se définit par l'écoute direct du spectateur. Le théâtre est définit par la représentation, c'est à dire le moment où des spectateurs assistent à un spectacle qui exprime du sens par des moyens comme l'action et la parole.
Pour moi, que ce soit avec masque ou sans, d'une manière réaliste ou non, avec un effet de distanciation ou pas ; l'identification se fait puisque l'on vient pour « s'identifier».
Par identification j'entends : intérêt personnel à ce qui se passe, que ce soit l'esthétique visuelle, la pratique théâtrale, l'histoire, les caractères (le choix que les personnages font), la pensée, la philosophie qui en résulte, la réflexion personnelle en réaction à la représentation (débats organisés ou spontanées à la sortie).
On vient au théâtre pour l'une de ces raisons, on paie pour cela, on paie pour que cette représentation nous apporte quelque chose : divertissement, oubli de soit ou/et du monde, compréhension de soi ou/et des autres ou/et du monde. Communion et différentiation d'individus par le rire, les larmes et les réactions.
Il ne faut jamais oublier qu'au théâtre, on voit les autres spectateurs éprouver des choses, on les entend réagir et par cela on ce différencie ou on se sent proche des autres (c'est ce que j'entends par communion).
C'est un moment ou l'on vient se taire, écouter, réagir intérieurement, partager, critiquer, réfléchir et bien sûr ressentir.
Le spectateur est « en écoute », il voit et reçoit de l'expression, du sens. Le spectateur peut se positionner face à ce qu'il reçoit.
Il prend ce qui l'intéresse en fonction de ce qu'il est.
Ce que j'aime dans le théâtre, ce sont les doutes, les arguments, les sentiments contradictoires, les erreurs que font les personnages et qui font « vaciller » mes propres certitudes.
L'identification n'empêche en rien le sens critique et le sens critique n'empêche pas l'identification.
Les deux sont étroitement imbriqués l'un dans l'autre.
La distanciation est naturelle au spectateur dans le fait de venir à, se déplacer pour voir, se défendre de, se protéger de choses qui touchent trop ou qui ne touchent pas.
Un metteur en scène peut faire les efforts qu'il veut pour donner une lecture personnelle d'une œuvre, au final c'est le spectateur qui choisi son angle de vue, son niveau de lecture.
J'aimerais que le théâtre que je pratique, soit une contribution à la masse de réflexion qui tourne autour de nous. Qu'il participe au débat, qu'il communique ma passion de la contradiction.
Avec l'espoir intime d'une société qui évolue vers le meilleur grâce aussi au théâtre.
Que le théâtre soit une fête active, en ébullition sur le questionnement du monde et de l'humain. Vouloir comprendre, vouloir férocement participer ! Eclairer si possible les enjeux qui nous entourent : sentiment, famille, politique, social, religieux… |